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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 5 — TRAVAIL, ARGENT & RÉUSSITE

22 juin 2026 à 12:31:00

Métiers de "réparation" : notaire, policier, juge

Nous avons vu dans un article précédent comment certains professionnels du soin choisissent leur métier pour réparer quelque chose dans leur arbre familial. Ce phénomène s'étend bien au-delà des métiers de santé — il concerne aussi un ensemble de professions que j'appelle les "métiers de réparation institutionnelle" : le notaire, le policier, le juge, l'avocat, l'huissier, le médiateur.

Des métiers qui, par nature, s'occupent de réparer des injustices, de faire respecter des droits, d'équilibrer des déséquilibres — et qui attirent, de façon significativement plus fréquente qu'on ne le mesure, des personnes dont la lignée a subi précisément le type d'injustice que ce métier cherche à corriger.

C'est l'une des observations les plus régulières et les plus touchantes de la clinique transgénérationnelle dans le domaine professionnel.

Le juge dont un ancêtre a été injustement condamné

L'exemple le plus saisissant est peut-être celui du juge ou de l'avocat dont un ancêtre a été victime d'une injustice judiciaire. Un arrière-grand-père condamné à tort. Un grand-père qui n'a pas eu les moyens de se défendre correctement devant un tribunal. Une famille entière spoliée par une décision de justice arbitraire. Le descendant de cet ancêtre qui choisit de devenir magistrat ou avocat ne le fait pas, dans la grande majorité des cas, en pensant consciemment à réparer l'injustice de son aïeul. Mais quelque chose dans le choix de ce métier — dans l'attraction pour ce domaine, dans la passion avec laquelle il l'exerce — porte la trace de cette histoire.

Le policier dans une famille victime de violence

De même, le policier ou le gendarme dont la famille a été victime de violence non protégée — des ancêtres qui ont subi des agressions sans que personne ne les protège, qui ont vécu dans l'insécurité sans avoir accès à une protection institutionnelle — peut exercer son métier en partie pour réparer symboliquement ce manque de protection. Protéger les autres, c'est symboliquement protéger les siens. Empêcher les violences qu'on n'a pas pu empêcher dans le passé familial.

Le notaire dans une famille spoliée de son patrimoine

Le notaire, dont le rôle est précisément de sécuriser les transmissions patrimoniales et de prévenir les conflits successoraux, attire souvent des personnes issues de familles dont les héritages ont été source de conflits, de spoliations ou d'injustices. Gérer les successions des autres avec équité, c'est réparer symboliquement ce que la succession familiale n'a pas su ou pu faire.

La double nature de la vocation réparatrice

Comme pour tous les métiers de réparation, cette motivation transgénérationnelle n'invalide pas la vocation — elle l'enrichit d'une dimension de sens profond. Mais elle peut aussi, quand elle reste inconsciente, créer des difficultés spécifiques : s'identifier excessivement aux victimes au détriment de la neutralité professionnelle, s'épuiser dans une quête de justice qui ne peut jamais être totalement satisfaite, ou porter des attentes irréalistes sur ce que le métier peut réparer. Comprendre cette motivation, c'est pouvoir l'intégrer de façon plus consciente — et exercer le métier avec à la fois la passion qu'il mérite et la distance qu'il requiert.

Mots-clés : métiers de réparation, notaire, policier, juge, psychogénéalogie, vocation, transgénérationnel, injustice, transmission, motivation inconsciente

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